18 novembre 2014

La vente d’électricité à l’Ontario rapporterait 14 milliards de dollars au Québec

Hydro-Québec pourrait augmenter ses revenus provenant de la vente d’électricité de 14 milliards de dollars au cours des 20 prochaines années en signant un contrat d’approvisionnement à long terme avec l’Ontario. C’est la conclusion à laquelle arrive un rapport rendu public aujourd’hui par l’Ontario Clean Air Alliance (OCAA).
 
Si l’Ontario investissait 500 millions de dollars en nouvelle infrastructure de transport, la province ouvrirait son réseau d’électricité à l’hydroélectricité du Québec à un coût moins élevé que celui de remettre à neuf la centrale nucléaire de Darlington.
 
L’Ontario envisage actuellement d’affecter 12,9 milliards de dollars à la remise à neuf des réacteurs vieillissants de la centrale de Darlington. Il en résulterait une production d’électricité au coût de 8,9 /kWh selon Ontario Power Generation (OPG).
À présent, la majorité des exportations d’électricité par Hydro-Québec est destinée aux États-Unis, à un prix moyen sur le marché au comptant de 3 /kWh.
 
« En signant un contrat d’approvisionnement d’électricité à long terme avec l’Ontario au prix de 6 /kWh, le Québec pourrait augmenter ses revenus provenant de la vente d’électricité de 14 milliards de dollars sur 20 ans », affirme Jack Gibbons, président de l’OCAA.
 
En 2010, Hydro-Québec a conclu un contrat d’exportation d’une durée de 26 ans avec le Vermont prévoyant un prix initial de 5,8 /kWh.
 
« Un contrat à long terme avec l’Ontario assurerait à Hydro-Québec des revenus plus stables par rapport à ce qu’obtient la société d’État en vendant son électricité sur le marché au comptant », ajoute M. Gibbons.
 
« Nous avons de l’énergie à revendre, nous accumulons des surplus… Aussi, nous avons la volonté de les vendre à nos voisins. Je suis certain que nous parviendrons à une entente », avait déclaré le premier ministre Philippe Couillard plus tôt cette année.
 
Infrastructure de transport
 
« Des investissements considérables dans l’infrastructure de transport » seraient requis pour permettre à l’Ontario d’importer 2 788 mégawatts d’électricité du Québec sur une base ferme selon un récent rapport de l’Office de l’électricité de l’Ontario (OEO) et de l’Independent Electricity System Operator (IESO).
 
Cependant, dans leur rapport, l’OEO et l’IESO ne chiffrent qu’à 500 millions de dollars les coûts pour permettre l’importation sur une base ferme de 2 788 mégawatts du Québec. (Une mise à niveau de 325 millions est requise de toute façon dans la région d’Ottawa pour accroître la fiabilité de l’approvisionnement local.)
 
Ces investissements permettraient au Québec de fournir à l’Ontario pratiquement la même quantité d’électricité que celle produite par la centrale de Darlington en 2013.
 
« Le coût des mises à niveau de l’infrastructure de transport requises pour tirer pleinement profit de l’hydroélectricité du Québec serait recouvré en l’espace de moins d’une année », affirme M. Gibbons.
 
Dépassements de coûts dans l’industrie nucléaire
 
Les coûts de chaque projet nucléaire entrepris dans l’histoire de l’Ontario ont été dépassés de beaucoup – en moyenne de 2,5 fois.
 
Si le projet de remise à neuf de la centrale de Darlington suit la tendance des dépassements de coûts de l’industrie ontarienne du nucléaire, la remise à neuf finira par coûter 32 milliards de dollars et l’électricité coûtera 16,6 /kWh à produire, soit trois fois plus que le coût d’un approvisionnement ferme en provenance du Québec.
 
« L’Ontario est à une croisée des chemins. Nous pouvons nous approvisionner en hydroélectricité accessible et abordable de notre voisin québécois ou nous pouvons nous engager dans la voie du nucléaire avec ses dépassements de coûts et payer plus, probablement beaucoup plus, pour notre électricité », conclut M. Gibbons.
 
Pour plus d’information
 
Jack Gibbons, président de l’OCAA : 416 260-2080 ou jack@CleanAirAlliance.org.

 Le rapport de l’OCAA, intitulé Le Plan énergétique à long terme de l’Ontario : le point après un an, peut être téléchargé du site Web www.CleanAir Alliance.org.